Vol de dragons au coucher du soleil

Eh oui, des dizaines de dragons volant gracieusement dans les airs à la tombée du jour, je n’avais encore jamais vu cela, surtout d’une chambre d’hôtel.  La vue de ces dragons au dessus de la mer a quelque chose de fascinant. On ne se lasse pas du spectacle de leur vol, parfois erratique, de leurs course effrénée, de leur gracieuses évolutions.  Et non, je n’ai consommé aucune substance illicite. Je n’ai pas fumé la moquette (il n’y en a pas, trop d’humidité). Mais je parle bien entendu de « dragon flies », soit les libellules, volant dans l’air du soir au dessus de la baie de Phrachuab Khirikharn.

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Chao quay

Le Chao quay tient tout à la fois du dessert, du rafraîchissement et de la gourmandise qu’on déguste à toute heure, sans faim. C’est une gelée d’herbe noire (Suzy ça na te rapelle rien ?) qu’on sert sur un lit de glace pilée soit avec du lait concentré non sucré,  soit avec un sirop léger, par exemple un délicieux sirop fait avec du sucre brut et des longanes séchées. Un régal dont, javoue, je fait une consommation sinon immodérée, du moins régulière, au grand étonnement des vendeurs parce que cela ne semble pas être prisé,  voire connu des occidentaux. L’avantage est que, si l’on excepte le lait concentré, non sucré et en faible quantité, il n’y a ni gras, ni sucre et que la chose, outre qu’elle est super rafraîchissante, est peu calorique. Le plaisir sans les conséquences négatives. Je le recommande ! Et pour ceux qui sont curieux, il y aura un atelier Chao quay à la rentrée…

Prachuab

Que vous dire sur Prachuab ?

Un front  de mer qui s’étend sur plusieurs kilomètres face à une anse encadrée par des petites montagnes, des îles, assez proches. La mer quoi, mais superbe !  Je pense que Nicolas vous donnera des photos à voir.

Nous sommes dans une Guest house très sympathique. Une chambre spatieuse avec vue sur mer…ah volupté….

Hier nous avons loué un scooter pour aller faire un tour dans les environs. Nous vous en dirons plus bientôt.Et puis, il y a le marché de nuit, pas un marché pour touristes, peu nombreux au demeurant, mais un de ces marchés où les vendeurs de  diverses formes de nourritures se côtoient. Il n’y a que l’embarras du choix. Vous achetez ce qui vous tente et vous vous installez, confortablement, sur le parapet de la promenade pour déguster, au frais, pour profiter de la brise apaisante

Je vous avais parlé du paradis à Phu Chai Saï. Eh bien la Thaïlande n’est pas avare de coins paradisiaques…Cela me console un peu du sentiment de tristesse ressenti au départ de Hat Yai. Non que je regrette la ville, sans intérêt, mais je regrette les gens que nous y avons rencontrés et qui se sont montrés si amicaux. Bref, je regrette ceux que je considère dorénavant comme des amis et que j’ai vraiment hâte de retrouver l’an prochain.

Du bon usage du H

En thaïlandais, certaines lettres comme k, p, t, peuvent être suivies d’un h aspiré ( ah je les entends les petits malins qui croyaient que j’allais parler de substances illicites). Revenons à nos moutons soit le h aspiré, qui en fait se prononce en expirant, ce qui change la sonorité de la lettre qui précède. Comme la langue thaïe est une langue tonale, le moindre changement dans la prononciation à pour effet un changement de sens. Par exemple, si vous dites « pai » (prononcer paille), cela signifie « aller », alors que « phai », avec le h aspire, signifie bambou.

Vous avez saisi ? C’est important pour la suite, car aujourd’hui nous sommes allés à Kanchanaburi, ville dans laquelle se trouve un pont célèbre, qui enjambe une rivière non moins célèbre, la fameuse rivière Kwaï.

Sauf qu’en thaïlandais cette rivière se dit Mae nam Kwae,  soit la rivière Kwae (prononcer coué). Et c’est là où les choses commencent à devenir drôles. En effet si vous prononcez khwaï, vous rabaptisez la rivière en rivière du buffle. Ça peut faire marrer les Thaïlandais, mais il y a mieux !

Il faut comprendre que notre façon française de prononcer les « k » peut parfois prêter à confusion si le k est un peu trop marqué, car les Thaïlandais l’entendent alors comme un « kh ». Et donc, si vous dites « sapaan Mae nam Khwae », pensant dire pont sur la rivière Kwae, vous voyez vos interlocuteurs se gondoler et éventuellement les Thaïlandais autour de vous.

Ça a toujours un effet troublant. Bien entendu, on se dit « mais qu’est ce que j’ai bien pu dire de si drôle ? ». Eh bien tout simplement, à cause d’un petit h aspiré mal placé, vous venez de parler du pont sur la rivière… du pénis. Je ne ferai pas de commentaire compte tenu de nos jeunes lecteurs, mais au moins, depuis cet après-midi,  je sais comment on dit pénis en thaïlandais et je ne risque pas de l’oublier.  Gnaarf. (et pour les lecteurs de Freud et de Lacan, le titre devient tout de suite beaucoup plus drôle).

Ambassade

Aujourd’hui,  je joue les ambassadeurs. Je représente l’université d’Aix Marseille auprès de l’université de Thammasat et auprès des juges de la cour spécialisée en propriété intellectuelle et droit commercial international.

Réception ce matin à Thammassat où le nouveau doyen m’attendais pour discuter de notre future coopération. Ceci fut suivi dun excellent déjeuner dans un restaurant au bord du Chao Praya qui ma donné l’occasion de manger un très bon Chao quay (gelée d’herbes avec un sirop sur lit de glace pilée, un régal quand il fait chaud et en plus, ça fait digérer)

Ce soir, je rencontre les juges qui souhaitent venir à Aix en Provence en février. Nous devons dicuter du programme à l’occasion d’un dîner.

C’est donc une journée d’ambassade,  bien sympathique. Notre ami Vang Ger dirait: « good for your future »…Hope so ! 🙂 

Chiang Mai encore

Chiang Mai, la ville du nord, la grande ville du nord de la Thaïlande, entourée de montagnes boisées aux forêts épaisses, parsemée de temples, les uns modestes, les autres richement décorés, du flamboyant au rococo tendance meringue, avec toutes les nuances possibles.

Chiang Mai, ville prisée des touristes où poules, dindes, coqs et paons de toutes nationalités se croisent et se mêlent, au sens figuré et souvent au sens propre, ce qui nest pas sans rappeler un t-shirt aperçu hier soir dans le night bazar: « durex, connecting people »… Chiang Mai, ville de plus en plus visitée par les chinois, les coréens et les japonais, plutôt plus âgés que les animaux de basse-cour précités.

Chiang Mai, la ville des moines, les uns sérieux, qu’on voit rarement, occupés à lire, prier, méditer, enseigner, les autres un peu moins respectueux des 227 règles que tout moine ordonné et ayant prononcé ses voeux définitifs se doit de respecter. Cela dit, ces moines définitivement ordonnés appartiennent généralement à la première catégorie. Les autres ont environ une centaines de règles à respecter, mais force est de constater que parfois la discipline se relâche. La chair est faible et cela doit nous conduire à la compassion. À propos de moines, il n’est pas rare de croiser quelque moinillon, à peine adolescent et cachant mal son attrait pour telle moto, tel vêtement ou babiole de la société de consommation. On les comprend ces moinillons. Et pourquoi feraient-ils exception ces jeunes, novices ou simplement en stage temporaire pour gagner quelques mérites à leur famille  ?

Chiang Mai, la ville des artisans qui perpétuent leur savoir-faire de génération en génération et s’en enorguillissent, à juste titre dailleurs. Staffeurs, sculpteurs, soyeux, bijoutiers, fabricants d’effigies, argentiers, doreurs ne sont que quelques unes de ces professions artisanales traditionnelles. Mais Chiang Mai, ce sont aussi les fabricants de produits cosmétiques entièrement naturels, les négociants de thé et de café, les artistes, les restaurateurs. Bref une ville vivante, animée, créative, perpétuellement en mouvement. Une ville aimable. C’est aussi la ville où on peut se faire construire une maison pour 15.000 euros (si, si j’ai bien dit 15.000 !) par un salaa (artisan local qui cumule les fonctions d’architecte,  de maçon et de menuisier). Ça donne des idées.

Pour tout dire, Chiang Mai, une ville que nous aimons et où nous retournerons, une ville que notre ami Bhumindr nous a permis de mieux connaître en nous en révélant quelques coins échappant généralement aux touristes, une ville que nous aimerions faire découvrir à nos amis.

A bon entendeur, salut !

Le marché de la forêt 

Imaginez : vous roulez tranquillement sur une voie rapide (soit environ à 90km/h maximum), vous voyez défiler un splendide paysage de forêt, sans fin. A gauche, à droite, la forêt, dense, qui grimpe sur le flanc des montagnes sans laisser la moindre parcelle vide (il paraît que la nature a horreur du vide). Et tout à coup, au détour d’un des nombreux méandres de la route, un parking, des voitures, des auvents en bois ou bambou. Vous êtes arrivés au marché de la forêt.

Pénétrez dans ce marché,  ne vous laissez pas derouter par le désordre apparent, par les odeurs qui peuvent rebuter. Ici, vous pourrez trouver tout ce que la forêt peut offrir de comestible : pousses de bambous fraîches, champignons de toutes formes et couleurs, sanglier, grenouilles, insectes, poissons, anguilles, serpents et certains animaux non identifiés, herbes sauvages ou cultivées, miel et cire, nids d’insectes, fruits….Vous y trouvez aussi des stands où l’on vous propose des plats préparés à déguster sur place ou à emporter, saucisse à la canelle ou à la citronelles (à déguster sans retenue, mais avec modération quand même),  boulettes de riz au porc, sucrées et pimentées, bananes frites, jus de goyave et si les sauterelles ou les cigales frites ou sautées aux piment et aux herbes vous tentent, n’hésitez pas.  

Vous l’aurez compris, mieux vaut ne pas trop avoir mangé avant de vous aventurer dans le dédale de ce marché, les tentations sont nombreuses. Pour certains toutefois, la vue de ces animaux morts ou de cette viande découpée, plus ou moins sanguinolente, étalée sur un lit de glace ou l’odeur tenace des poissons séchés, salés ou fumés, peut rebuter. Cela dit, c’est l’Asie, la vraie, pas celle édulcorée et policée qui s’offre (ou se vend) aux touristes. C’est la Thaïlande que d’aucun qualifierait de profonde, celle des paysans, des villageois, des petites gens qui cultivent, chassent et cueillent ce que la forêt leur offre et qui n’ont pas l’opportunité de vivre de la manne touristique. Inutile de vous dire que nous étions les deux seuls occidentaux présents. C’est vrai que ce marché ne figure pas sur un axe touristique, encore moins sur un guide touristique. Pas assez « chic ». Mais l’ambiance du lieu valait le détour et l’affabilité des vendeurs et vendeuses quand on s’arrête pour poser une question, demander ce que peut être telle plante ou fruit inconnu est, à elle seule, une récompense pour s’être arrêtés là, au milieu de nulle part ou plus exactement sur la route entre Lampang et Chiang Mai, en lisière de forêt ou au milieu de celle-ci si on fait abstraction de la route qui la traverse. Merci à notre ami Bhumindr de nous y avoir conduit.