C’est pas tous les jours facile… 

Quelque part au-dessus de la Pologne, le soleil se lève.

Pour être parfaitement honnête, cela faisait une heure qu’il se levait et ainsi en a-t-il fait jusqu’à Roissy. C’est la magie de l’avion !

Donc, nous sommes bien arrivés à  Roissy. Encore un petit saut de puce, et nous serons à la maison. Le plus dur sera de ne pas dormir trop tôt, histoire de rappeler à nos organismes tropicalisés que nous sommes bien de retour au pays de la logique, de la raison et de la rationalité. Quel bonheur !

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Suvarnabhumi 

Décollage dans une heure et demie. On boit un cocktail en attendant l’embarquement. C’est fou ce qu’on peut attendre quand on voyage… Surtout que comme j’ai eu la bonne idée de faire le check-in sur internet à six heures et demie ce matin, nous sommes un peu passés devant 300 personnes pour la dépose de nos sacs. Ça a presque pris plus de temps pour les faire emballer et les transformer en jolis cocons plastifiés ! 

Bref, demain matin à 7 heures pour vous – midi pour nos petits estomacs décalés – nous nous poserons a Roissy…  Et il fera gris. 

En tout cas dans nos têtes…

Ps pour Philippe : nous avons du rhum originaire de Phuket… C’est bien le duty-free ! 

Passe ton BACC d’abord ! 

Pendant que Jean-Pierre noue quelques liens de coopération  « good for the future  » avec Jude Law aux cabinets, je suis allé faire un petit tour dans les deux autres galeries dont j’ai parlé hier. Par grand chose d’ébourriffant à Ratchadamnoen. Du conceptuel un peu facile, sympa mais pas trop ma tasse de chaï…

Au Bacc en revanche, plein de bon truc ! Une jolie expo de sculpture dans l’antenne du centre de la sculpture de Bangkok, sur le thème des femmes, avec des choses vraiment belles et émouvantes. L’étonnante expo  « haïku-tarot » de Chumpol Akkapantanon aquarelliste super doué nous invitant à s’inspirer de ses œuvres pour écrire des haïkus qui seront peut-être ensuite associés à ses peintures, et surtout une expo qui aurait plu à Suzy, celle de la Setsatian School for the Deaf. En fait, faute d’explication en anglais et comprenant encore moins la langue des signes en thai que le thai parlé, j’ai déduit qu’il s’agissait des travaux de fin d’année de la section arts. Et franchement, j’espère que leurs auteurs poursuivront leur chemin dans cette voie car leur travail est très prometteur ! 

Tout ça pour dire qu’à Bangkok, il n’y a pas que des temples. À condition de sortir des routes tracées par les guides, on peut vraiment trouver son bonheur. Comme dans toutes les villes modernes, en fait. 

Ps : puisque M. Chumpol nous invitait à composer un haïku, voici le mien. 

Suivez-moi sur le chemin.
Sous les grands bambous, 
nous aurons moins chaud.

Ps 2 : à la réflexion, je ne crois pas que Jean-Pierre a rencontré Jude Law. Encore moins dans ses cabinets. Quelque chose, ce matin, a dû m’échapper… 

Un Moca, sinon rien ! 

Pour les amateurs d’art contemporain, Krung Thep réserve quelques bonnes surprises. Il y a par exemple le BACC, le Bangkok Art & Culture Center, en face du MBK, à Siam, ou encore à un jet de bière de Khao San, le Ratchadamnoen Contemporary Art Centre, qui expose de jeunes artistes Thaïs et renouvelle très régulièrement les expos. 

Mais il y a aussi, au nord de Chatuchak, le MOCA. Un grand bâtiment élégant, tout blanc, qui recèle de vrais trésors. Nous y sommes allés aujourd’hui avec Vivat, Noon et Mignaloux, leur fils de quatre ans, un adorable petit coquin qui parle déjà français… Certes, tout n’est pas fabuleux, en particulier certaines œuvres très (trop) pompier ou religieuses pour moi, mais bon nombre de tableaux sont vraiment d’une grande beauté quand bien même l’influence surréaliste se fait encore trop sentir, Dali en particulier… 

Et surtout, un étage entier est réservé à Thawan Duchanee, l’auteur de l’extraordinaire Baan Dam de Chiang Raï. Et là, on se rend compte qu’il est sans doute le plus libre et le plus créatif de tous ! Le seul, à mon avis, à avoir réellement forgé son style, à s’être dégagé de la tutelle un peu trop rigide de la création académique. Évidemment, la jeune génération est plutôt dans son sillage, beaucoup plus insolente et libre que ses aînés.

Le seul défaut du MOCA, c’est qu’il est très loin du centre. Et donc peu connu. C’est bien dommage, mais d’ici quelques mois une nouvelle ligne de skytrain s’arrêtera presque devant. Il n’y aura plus d’excuses du coup pour ne pas y aller. 

Retour à Krung Thep ! 

Après notre pause à la plage, et tout ce calme parfaitement épuisant, nous voici revenus dans la fureur rassurante de Bangkok. Ah, quel bonheur de retrouver la pollution, les embouteillages, et de revenir, bien dociles, dans le bon troupeau des farangs !

Franchement, la perdition nous guettait. 

Un petit tour à MBK, cette cathédrale de la consommation (Jean-Pierre se désespérait d’un khao nyao dulian et je n’avais plus de tee-shirt), et nous voici sauvés ! Amen… 

Transat avec vue sur baie… 

Je crois que si notre nièce Alexandra était ici avec nous, elle serait déjà en train de courir sur la plage et de lancer des boules de sable en l’air avec les autres enfants en criant  « Fon tok !  » (il pleut) … Sans doute grimperait-elle aussi dans les grands filaos qui ourlent Ao Manao, la baie des citrons. 

Long ruban de sable blond, eaux de turquoise et d’aigue-marine. Pics de calcaire couverts de l’émeraude de la forêt. Le tout en plein milieu de Wing 5, base des commandos de marine, où il faut montrer patte blanche pour entrer. La Thaïlande est décidément un pays de paradoxes. 

Des trois baies de Prachuap Khiri Khan, Prachuap pour les intimes, Ao Manao est sûrement la plus belle. D’après Jean-Pierre, elle est aussi belle que Copacabana. C’est dire.

Elle est à l’image de cette petite ville où nous sommes depuis hier. Tranquille et douce. Horriblement paisible et sympathique. Rien à voir, je pense, avec sa voisine, Hua Hin, qui est plutôt réputée pour ses nuits chaudes. À Prachuap, il n’y a guère que des Thaïs qui viennent passer un bon week-end et se relaxer dans des transats, dans l’ombre bleue des filaos. Précisément ce que Jean-Pierre et moi faisons en ce moment. 

Terrifiant. Atroce. 

Avant de venir nous échouer sur cette plage populaire, nous nous sommes un peu baladés en moto (oui Pat: en moto.  J’ai pris sur moi… ) . Nous sommes allés au nord, voir un superbe temple en teck à Ao Noi que mon neveu Rémi adorerait. Une sublime construction aux sculptures toute en délicatesse arachnéenne. Gravi un escalier pour aller saluer un grand Bouddha couché dans une grotte (en réalité, ils sont deux, mais pour le savoir, il faut s’aventurer un peu plus loin dans la caverne en espérant que la lumière ne s’éteigne pas…). Tu vois Lucas, on n’a pas pu s’en empêcher ! Découvert un camp de boy-scouts sans boy-scout qui est en fait un centre de conservation de la nature, avec un joli petit sentier botanique au bord de l’eau… Joué à Easy Riders. Plus easy que riders d’ailleurs. Et avec la seule beauté des paysages comme produit dopant… 

En fait, nous n’arrêtons pas de penser au plaisir que nous aurions à y être avec les nôtres. Luce et Éric, il y a quelque chose ici que je n’avais pas ressenti depuis Libreville. Pat et Suzy, je sais que vous allez adorer. Anne, l’eau est à la température parfaite, si tu vois ce que je veux dire… 

Wish you were here !