Chao quay

Le Chao quay tient tout à la fois du dessert, du rafraîchissement et de la gourmandise qu’on déguste à toute heure, sans faim. C’est une gelée d’herbe noire (Suzy ça na te rapelle rien ?) qu’on sert sur un lit de glace pilée soit avec du lait concentré non sucré,  soit avec un sirop léger, par exemple un délicieux sirop fait avec du sucre brut et des longanes séchées. Un régal dont, javoue, je fait une consommation sinon immodérée, du moins régulière, au grand étonnement des vendeurs parce que cela ne semble pas être prisé,  voire connu des occidentaux. L’avantage est que, si l’on excepte le lait concentré, non sucré et en faible quantité, il n’y a ni gras, ni sucre et que la chose, outre qu’elle est super rafraîchissante, est peu calorique. Le plaisir sans les conséquences négatives. Je le recommande ! Et pour ceux qui sont curieux, il y aura un atelier Chao quay à la rentrée…

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Transat avec vue sur baie… 

Je crois que si notre nièce Alexandra était ici avec nous, elle serait déjà en train de courir sur la plage et de lancer des boules de sable en l’air avec les autres enfants en criant  « Fon tok !  » (il pleut) … Sans doute grimperait-elle aussi dans les grands filaos qui ourlent Ao Manao, la baie des citrons. 

Long ruban de sable blond, eaux de turquoise et d’aigue-marine. Pics de calcaire couverts de l’émeraude de la forêt. Le tout en plein milieu de Wing 5, base des commandos de marine, où il faut montrer patte blanche pour entrer. La Thaïlande est décidément un pays de paradoxes. 

Des trois baies de Prachuap Khiri Khan, Prachuap pour les intimes, Ao Manao est sûrement la plus belle. D’après Jean-Pierre, elle est aussi belle que Copacabana. C’est dire.

Elle est à l’image de cette petite ville où nous sommes depuis hier. Tranquille et douce. Horriblement paisible et sympathique. Rien à voir, je pense, avec sa voisine, Hua Hin, qui est plutôt réputée pour ses nuits chaudes. À Prachuap, il n’y a guère que des Thaïs qui viennent passer un bon week-end et se relaxer dans des transats, dans l’ombre bleue des filaos. Précisément ce que Jean-Pierre et moi faisons en ce moment. 

Terrifiant. Atroce. 

Avant de venir nous échouer sur cette plage populaire, nous nous sommes un peu baladés en moto (oui Pat: en moto.  J’ai pris sur moi… ) . Nous sommes allés au nord, voir un superbe temple en teck à Ao Noi que mon neveu Rémi adorerait. Une sublime construction aux sculptures toute en délicatesse arachnéenne. Gravi un escalier pour aller saluer un grand Bouddha couché dans une grotte (en réalité, ils sont deux, mais pour le savoir, il faut s’aventurer un peu plus loin dans la caverne en espérant que la lumière ne s’éteigne pas…). Tu vois Lucas, on n’a pas pu s’en empêcher ! Découvert un camp de boy-scouts sans boy-scout qui est en fait un centre de conservation de la nature, avec un joli petit sentier botanique au bord de l’eau… Joué à Easy Riders. Plus easy que riders d’ailleurs. Et avec la seule beauté des paysages comme produit dopant… 

En fait, nous n’arrêtons pas de penser au plaisir que nous aurions à y être avec les nôtres. Luce et Éric, il y a quelque chose ici que je n’avais pas ressenti depuis Libreville. Pat et Suzy, je sais que vous allez adorer. Anne, l’eau est à la température parfaite, si tu vois ce que je veux dire… 

Wish you were here ! 

Prachuab

Que vous dire sur Prachuab ?

Un front  de mer qui s’étend sur plusieurs kilomètres face à une anse encadrée par des petites montagnes, des îles, assez proches. La mer quoi, mais superbe !  Je pense que Nicolas vous donnera des photos à voir.

Nous sommes dans une Guest house très sympathique. Une chambre spatieuse avec vue sur mer…ah volupté….

Hier nous avons loué un scooter pour aller faire un tour dans les environs. Nous vous en dirons plus bientôt.Et puis, il y a le marché de nuit, pas un marché pour touristes, peu nombreux au demeurant, mais un de ces marchés où les vendeurs de  diverses formes de nourritures se côtoient. Il n’y a que l’embarras du choix. Vous achetez ce qui vous tente et vous vous installez, confortablement, sur le parapet de la promenade pour déguster, au frais, pour profiter de la brise apaisante

Je vous avais parlé du paradis à Phu Chai Saï. Eh bien la Thaïlande n’est pas avare de coins paradisiaques…Cela me console un peu du sentiment de tristesse ressenti au départ de Hat Yai. Non que je regrette la ville, sans intérêt, mais je regrette les gens que nous y avons rencontrés et qui se sont montrés si amicaux. Bref, je regrette ceux que je considère dorénavant comme des amis et que j’ai vraiment hâte de retrouver l’an prochain.

Hat Yai : post-scriptum 

Il y avait quand même un truc vachement bien à Hat Yai : un grand parc dans la montagne surplombé par une immense statue de Bouddha et d’où la ville semble presque belle.

Cela dit, en escale ce matin à Hua Hin, nous avons eu le même sentiment désolé : ville moche, genre Palavas en Thaïlande… Belle plage, reflets faciles. Et improbabilité majeure, un défilé d’enfants pour la journée du sport. Couleur, sourire et karaoke. À peine deux Falang : nous. Les autres dormaient encore après une nuit de débauche, faut croire… 

En revanche, Prachuap est un endroit idyllique… 

Hat Yai, morne ville

Comparé à Songkhla où je me suis bien promené hier, Hat Yai ne présente vraiment aucun intérêt sinon que c’est ici que se trouve la gare qui nous permettra, ce soir, de partir vers Hua Hin et de là, d’atteindre Prachuap. D’ailleurs, la ville est née du chemin de fer, c’est à dire dans les années 30. Autant vous dire qu’il n’y a que des rues assez moches qui se coupent au cordeau et un salon de massage tous les 10 mètres. J’exagère un peu mais Hat Yai traîne une réputation digne de Pattaya, à condition de remplacer les Falang par des Malais en goguette…

Le seul intérêt, très relatif, ce sont trois temples, un taoïste, un vietnamien et un bouddhiste, qui semblent se tirer la bourre pour être le plus haut. La vue depuis le quatrième étage du temple vietnamien pourrait être spectaculaire. Dommage qu’il n’y ait rien a voir. Cela dit, l’accumulation de divinités dans les deux premiers est assez rigolote…

Pas grand-chose à voir donc avec Songkhla, ville presque antique, fondée par des marchands chinois à l’emplacement d’un ancien comptoir d’échange fréquenté par les Malais, les Indiens, les Arabes et les Perses avant d’être annexée par le royaume du Siam au XVIIIe siècle. Dans la vieille ville, deux longues rues entre plage et port, il y a une profusion de shophouses, dans un très joli style chinois ou sino-portugais comme Jean-Pierre en a vu beaucoup à Singapour. Pas mal d’entre elles sont en cours de restauration. J’imagine que d’ici peu, Songkhla pourrait devenir une vraie destination touristique franchement sympathique, certes très loin au sud mais autrement plus dépaysante que Phuket ou Ko Samui par exemple. 

Reste quand même à parler de l’accueil extraordinaire que nous ont réservé les profs de la fac de droit de l’université Prince of Songkhla. Royal et décontracté à la fois, amical, chaleureux… Le repas d’hier soir – banquet serait plus juste ! – m’a donné l’impression d’une famille, impression confirmée par È et Mok, nos deux  « guides  » et surtout profs de droit ! Ce qui était vraiment drôle en plus, c’était le mélange de langues parlées : thai, anglais, allemand (si si !), français, viet et même… serbe ! Bref, une joyeuse ambiance plus digne d’étudiants que de professeurs. 

Alors si Hat Yai que nous quittons ce soir ne restera pas inoubliable pour sa beauté, nous en garderons longtemps un souvenir chaleureux et le sentiment d’y avoir rencontré des gens extraordinaires…

Khop kun mak krap à vous tous ! 

Le bruit du vent dans les filaos

Après notre petite virée à Kanchanaburi avec Noon et Vivat sur les traces de l’ignominie humaine, nous voici donc parvenus à Songkhla, pas tout à fait à l’extrême sud de la Thaïlande, mais presque. De Hat Yai, que nous avons tout juste frôlé ce matin, je ne dirais rien, sinon qu’il s’agit d’un grand carrefour routier, un nœud économique qui ne me donne pas tellement envie de la visiter. Songkhla, en revanche, bâtie entre le Golfe de Siam et un grand lac salé, m’intéresse beaucoup plus. La ville n’est pas grande. Elle n’a pas beaucoup de place pour s’étendre. Entre la lagune et l’île où nous avons déjeuné et les grandes plages de sable clair qui bordent les eaux turquoise, la ville ancienne – elle remonterait au VIIe siècle – possède cette langueur qui me charme tant ici. Il n’y a sans doute pas grand chose à y faire, mais sûrement beaucoup à voir… 

Rien que le paysage est magnifique. Il me rappelle un peu Saint-Martin. Collines, forêt, mangroves et grande lacune. Un Saint-Martin donc le point culminant s’ornerait d’un grand chedi blanc auquel on accède par un funiculaire – c’est que le pic mesure 106 m et qu’avec cette chaleur, il faudrait être fou de trop souffrir ! – et d’où le point de vue sur Songkhla est tout simplement superbe.  

Et comme d’habitude, le plaisir que nous avons d’être ici se double de la gentillesse de l’accueil. Ce matin à l’aéroport, deux jeunes professeurs nous attendaient, qui se sont mis en quatre pour nous faire plaisir. Un vrai bonheur ! 

Mais le comble, c’est l’hôtel. Un 4 étoiles sur la plage, des chambres grandes comme des appartements, avec la vue que l’on imagine. Oui, vous avez bien lu : DES chambres. Une chacun. Dans ce luxe insolent, à des milliers d’années-lumière de ce drôle d’hôtel de Ba Dong, n’est-ce pas Patrick et Suzy, il ne semblait pas tout à fait naturel pour la dame de l’accueil que Jean-Pierre et moi puissions dormir dans la même pièce. Après tout, nous sommes dans le sud. Peut-être, dans ces provinces musulmanes, est-on plus prude qu’ailleurs en Thaïlande…