Amulettes, tatouages et autres fariboles 

Au pays de l’éternel sourire, les gens sont très superstitieux. Les Thaïs, par exemple, préfèrent habiter une maison neuve car elle est exempte de fantômes susceptibles de venir vous tirer les orteils pendant votre sommeil sinon pire. À condition, bien entendu, de nourrir les Phi dont je vous ai déjà parlé, tous les matins, afin qu’ils restent bien chez eux dans leur petite maison et ne préfèrent pas prendre leurs quartiers dans la vôtre en y semant la pagaille. Et je ne parle pas de tableau de bord des voitures, couverts de divers bouddhas et autres effigies apotropaïques dont certaines ne sont pas sans rappeler des boules à neige. 

Et pour trouver tout le nécessaire du parfait Thaïlandais au clair avec les forces occultes, le meilleur moyen est encore de se rendre au marché des amulettes, à mi-chemin entre l’université de Thamasat et le palais royal. Dans le clair-obscur de ses allées, nul doute que vous trouverez votre bonheur : les médailles porte-bonheur, petits bouddhas plus ou moins précieux, dorés ou en vulgaire terre cuite, représentations de bonzes réputés, d’animaux mythologiques ou de phallus de toutes tailles s’y exposent par milliers. L’ambiance y est sérieuse. On ne plaisante pas aves ces choses-là ! Très sérieuse même lorsqu’il s’agit de négocier une amulette apparemment banale mais qui, du fait de son pouvoir et surtout de sa rareté, peut valoir des dizaines de milliers de baths. Un vrai marché, avec ses collectionneurs acharnés, ses revues spécialisées et ses escrocs. 

Et comme cela ne suffit pas, il y a les tatouages, les célèbres sak yant, qu’il convient de se faire inscrire dans la peau dans un temple, par un moine maniant le stylet de bambou en récitant les mantras ad hoc. Comme quoi on peut être à la fois superstitieux et masochiste. Parce que même si les sak yant, par leur stylisation, sont très beaux, ils sont aussi très douloureux. Mais bon, obtenir que les balles vous contournent, ça se mérite ! 

Pour être honnête, vous pouvez parfaitement vous faire tatouer un très beau tigre dans le plus pur style sak yant chez votre tatoueur préféré. Comme d’une part,  celui-ci ne récitera pas les formules magiques et que d’autre part, il altérera le tatouage, ce dernier ne vous protégera pas de grand chose. Voire attirera quelques vilaines maladies si vous le faites faire sur un coup de tête chez un tatoueur de rue de Khao San après quelques bières. Very bad trip ! 

Il faut donc bien choisir celui qui va vous injecter l’encre sous l’épiderme. Pour notre part, c’est Viroon, un studio très sérieux et primé de nombreuses fois. Car oui, je suis un peu maso : j’ai remis ça. La branche d’un arbre tropical fleurit désormais sur mon épaule droite, prenant naissance autour d’une petite figure mains jointes, assimilée à un ange dans le folklore local. Maso, mais pas superstitieux : c’est juste que j’ai toujours trouvé ce personnage très  joli… 

Tout ça pour dire qu’il ne faut surtout pas hésiter à rendre une petite visite au marché des amulettes, comme nous l’avons fait hier. C’est toute une ambiance et en cas de petite fringale, on mange très bien dans les petits restaurants populaires qui surplombent le Chao Phraya.

Et comme quoi amulettes, tatouages et autres colifichets ne protègent pas de tout, nous avons fini devant les juges.

Ou plus exactement avec les juges, dans un très chouette restaurant de Nonthanburi, qui nous a rappelé une belle soirée avec Philippe et Isabelle. Mais cette fois, Jean-Pierre est resté très sage… 

P. S.  : Philippe et Isabelle, nous allons beaucoup penser à vous aujourd’hui puisque nous partons à Kanchanaburi avec Noon et Vivat. Encore une super journée en perspective, sûrement aussi sympa que la virée à Ampawa ! 

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