Hat Yai, morne ville

Comparé à Songkhla où je me suis bien promené hier, Hat Yai ne présente vraiment aucun intérêt sinon que c’est ici que se trouve la gare qui nous permettra, ce soir, de partir vers Hua Hin et de là, d’atteindre Prachuap. D’ailleurs, la ville est née du chemin de fer, c’est à dire dans les années 30. Autant vous dire qu’il n’y a que des rues assez moches qui se coupent au cordeau et un salon de massage tous les 10 mètres. J’exagère un peu mais Hat Yai traîne une réputation digne de Pattaya, à condition de remplacer les Falang par des Malais en goguette…

Le seul intérêt, très relatif, ce sont trois temples, un taoïste, un vietnamien et un bouddhiste, qui semblent se tirer la bourre pour être le plus haut. La vue depuis le quatrième étage du temple vietnamien pourrait être spectaculaire. Dommage qu’il n’y ait rien a voir. Cela dit, l’accumulation de divinités dans les deux premiers est assez rigolote…

Pas grand-chose à voir donc avec Songkhla, ville presque antique, fondée par des marchands chinois à l’emplacement d’un ancien comptoir d’échange fréquenté par les Malais, les Indiens, les Arabes et les Perses avant d’être annexée par le royaume du Siam au XVIIIe siècle. Dans la vieille ville, deux longues rues entre plage et port, il y a une profusion de shophouses, dans un très joli style chinois ou sino-portugais comme Jean-Pierre en a vu beaucoup à Singapour. Pas mal d’entre elles sont en cours de restauration. J’imagine que d’ici peu, Songkhla pourrait devenir une vraie destination touristique franchement sympathique, certes très loin au sud mais autrement plus dépaysante que Phuket ou Ko Samui par exemple. 

Reste quand même à parler de l’accueil extraordinaire que nous ont réservé les profs de la fac de droit de l’université Prince of Songkhla. Royal et décontracté à la fois, amical, chaleureux… Le repas d’hier soir – banquet serait plus juste ! – m’a donné l’impression d’une famille, impression confirmée par È et Mok, nos deux  « guides  » et surtout profs de droit ! Ce qui était vraiment drôle en plus, c’était le mélange de langues parlées : thai, anglais, allemand (si si !), français, viet et même… serbe ! Bref, une joyeuse ambiance plus digne d’étudiants que de professeurs. 

Alors si Hat Yai que nous quittons ce soir ne restera pas inoubliable pour sa beauté, nous en garderons longtemps un souvenir chaleureux et le sentiment d’y avoir rencontré des gens extraordinaires…

Khop kun mak krap à vous tous ! 

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Le bruit du vent dans les filaos

Après notre petite virée à Kanchanaburi avec Noon et Vivat sur les traces de l’ignominie humaine, nous voici donc parvenus à Songkhla, pas tout à fait à l’extrême sud de la Thaïlande, mais presque. De Hat Yai, que nous avons tout juste frôlé ce matin, je ne dirais rien, sinon qu’il s’agit d’un grand carrefour routier, un nœud économique qui ne me donne pas tellement envie de la visiter. Songkhla, en revanche, bâtie entre le Golfe de Siam et un grand lac salé, m’intéresse beaucoup plus. La ville n’est pas grande. Elle n’a pas beaucoup de place pour s’étendre. Entre la lagune et l’île où nous avons déjeuné et les grandes plages de sable clair qui bordent les eaux turquoise, la ville ancienne – elle remonterait au VIIe siècle – possède cette langueur qui me charme tant ici. Il n’y a sans doute pas grand chose à y faire, mais sûrement beaucoup à voir… 

Rien que le paysage est magnifique. Il me rappelle un peu Saint-Martin. Collines, forêt, mangroves et grande lacune. Un Saint-Martin donc le point culminant s’ornerait d’un grand chedi blanc auquel on accède par un funiculaire – c’est que le pic mesure 106 m et qu’avec cette chaleur, il faudrait être fou de trop souffrir ! – et d’où le point de vue sur Songkhla est tout simplement superbe.  

Et comme d’habitude, le plaisir que nous avons d’être ici se double de la gentillesse de l’accueil. Ce matin à l’aéroport, deux jeunes professeurs nous attendaient, qui se sont mis en quatre pour nous faire plaisir. Un vrai bonheur ! 

Mais le comble, c’est l’hôtel. Un 4 étoiles sur la plage, des chambres grandes comme des appartements, avec la vue que l’on imagine. Oui, vous avez bien lu : DES chambres. Une chacun. Dans ce luxe insolent, à des milliers d’années-lumière de ce drôle d’hôtel de Ba Dong, n’est-ce pas Patrick et Suzy, il ne semblait pas tout à fait naturel pour la dame de l’accueil que Jean-Pierre et moi puissions dormir dans la même pièce. Après tout, nous sommes dans le sud. Peut-être, dans ces provinces musulmanes, est-on plus prude qu’ailleurs en Thaïlande… 

Sud profond 

Un petit billet rapide pour vous dire que d’un petit coup d’avion (cela a du bon d’être invité par une université !), nous voici à Songkhla, petite ville côtière à côté de Hat Yai, à 40 km de la Malaisie. Déjeuner au bord de la lagune, nourriture exquise… Bonheur ! 

Jaloux ?